HIVER 2026
L'Art du Renouveau
Hiver, froid compagnon...
Au moment où ses feuilles s'abandonnent au sol,
La vigne ralentit, s'endort et puis s’isole.
La sève se retire, en silence s’enfouit,
Vers ses racines, en réserve elle s'enrichit.
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Vient alors la dormance, sommeil mérité,
Réglé par l’hiver blanc, longuement installé.
Plus le froid persiste et honore la saison,
Plus l’éveil se retarde au seuil du bourgeon.
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Car, dès que naît le vert au détour d'un matin,
La vigne devient fragile aux souffles incertains.
Quand la vie recommence trop tôt son chemin,
Le gel de printemps guette, traître et soudain...
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Un hiver froid, sage, ni trop dur ni trop court,
Veille le débourrement, retarde son jour.
Ainsi la vigne passe l'hiver désinvolte,
Préservant dans le froid sa future récolte.
Ghyslain Brigand


...Pour l'humble vigneron.
Quand l’hiver tient la vigne en son souffle endormi,
Le vigneron vient à l’aube, humble et réfléchi.
De janvier à mars avant la fin de l'hiver,
Il taille, lentement, sous le ciel de lumière.
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C'est le premier geste d'un nouveau millésime,
Un geste important, sévère mais légitime.
Il choisit le futur dans le cep dépouillé,
Le sarment qui, demain, portera le panier.
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L’acte est plus profond que le raisin de l'année,
Il lie la vigne au temps, patient, et répété.
Dans le cep mis à nu, il se dessinent en somme
Cinquante hivers à venir, au regard de l’homme.
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Si l'artisan possède le bon tour de main,
Pour sa vigne il façonne un avenir lointain.
Ainsi naît le Crémant, de patience et d’attente,
Dans l’ombre d’un hiver, d'une coupe savante.



